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      Tribune politique : des politiques européennes ou des politiques allemandes ?

    Politiques communautaires ou politiques allemandes ?
    Dans certains cas, on peut raisonnablement se poser la question...

    Comme on le sait, l’Allemagne, du fait de sa population et de son économie, pèse énormément dans le processus décisionnel européen.

    Or, elle donne la nette impression, par moments, de tenir des positions à la logique incertaine, penchant tantôt d’un côté ou de l’autre en fonction des intérêts de certains groupes influents bien que minoritaires.

    On peut citer à cet égard, de manière tout à fait récente, la législation sur les médicaments falsifiés, où les députés allemands, avec comme volonté de défendre les importateurs parallèles, ont notamment fait maintenir, pour protéger ce secteur, la possibilité d’ouvrir les boîtes de médicaments ; et ce à l’encontre de toute logique de sécurité du patient.

    À l’inverse, en ce qui concerne la législation sur la pharmacovigilance, ces mêmes députés ont majoritairement déposé des amendements environnementaux inapplicables, incluant par exemple le contrôle du rejet de résidus de médicaments dans la nature, mesure absolument impossible à mettre en œuvre car demandant une remise en cause de la nature même de nos systèmes de traitement des eaux usées, pour ne citer qu’un aspect de la question.

    Ce ne sont pas là les seuls cas où les députés allemands ont ainsi défendu des positions que l’on pourrait qualifier d’inconsidérées.

    Ainsi, ils déclarent souvent vouloir lutter contre la bureaucratie et la lourdeur des démarches administratives, afin d’encourager une économie dynamique. Pourtant, malgré ces belles paroles, en ce qui concerne par exemple la directive sur la prévention et la réduction intégrées de la pollution (portant, entre autres, sur les émissions industrielles), leur position n’offre absolument aucune flexibilité aux industries, les obligeant à s’astreindre à des obligations administratives très sévères et menaçant par là même leur développement.

    On se rend rapidement compte, dans ce genre de situation, que les députés allemands sont toujours prêts à imposer aux autres ce qu’ils ont déjà réussi à appliquer avec succès dans leur propre pays. Cette attitude évolue dès lors qu’il s’agit pour l’Allemagne de devoir faire autant d’efforts que ses partenaires.

    Ces incohérences n’auraient qu’un impact limité si cette position était celle d’un petit pays, à l’influence limitée. Mais c’est loin d’être le cas : l’Allemagne est le pays le plus peuplé et au PIB le plus élevé d’Europe ; elle pèse donc lourdement dans la balance, quel que soit le sujet. Sur le plan national, elle a elle-même fait ses réformes, se donnant ainsi la capacité de soutenir ses entreprises. Rappelons qu’il s’agit du plus grand exportateur d’Europe et de l’un des moteurs de la construction communautaire.

    Cette position dominante lui donne de plus une influence certaine sur ses plus grands partenaires économiques et politiques, qui ont donc pour habitude de suivre les positions allemandes à moins de se trouver eux-mêmes dans une situation particulière.
    Sur bien des dossiers, les députés allemands se trouvent donc presque automatiquement suivis par certains de leurs homologues autrichiens ou encore tchèques.

    On peut donc se demander si l’Europe, sur certains thèmes, prend une véritable position européenne ou simplement une position allemande élargie...

    Cette situation va à l’encontre de la construction d’une Europe unie autour de thèmes fédérateurs, et possédant une vision sur le long-terme de tous les enjeux qui forment notre avenir. Je souhaiterais que le Parlement européen puisse prendre ses décisions dans une perspective européenne et non pas en tant que conglomérat de perspectives nationales, afin de pouvoir s’attaquer tous ensembles à ces défis.

     

     

     
     
     
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    © Françoise GROSSETETE 2007