Mais où est donc passé José Manuel Barroso ?
La discrétion a ses mérites, mais à trop forte dose elle peut être fatale...
Le président de l’Union, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission, José Manuel Barroso, ont été étonnamment effacés ces dernières semaines, si bien que Nicolas Sarkozy a dû palier le manque de leadership économique qui fait une fois de plus défaut à l’Union européenne (UE). Le chef de l’Etat français n’a d’ailleurs pas ménagé sa peine pour retrouver les accents qui avaient contribué en 2008 au succès de la présidence française de l’Union.
Sans son volontarisme, la Grèce n’aurait probablement pas reçu le soutien qu’elle a obtenu et le Conseil européen extraordinaire de Bruxelles du 7 mai serait resté lettre morte. Le mérite de Nicolas Sarkozy aura été de remettre le politique au cœur de l’Europe et de placer chacun devant ses responsabilités. C’est en appelant instamment de ses vœux la création d’un véritable gouvernement économique de l’Europe qu’il permet à la Grèce de se raccrocher à la "bouée de sauvetage". Bien que les divergences de vue avec l’Allemagne ne soient pas encore entièrement dissipées, force est de constater que les deux pays se sont accordés pour le renforcement du pilotage politique de la zone euro.
En conséquence, le Président de la Commission européenne verra son rôle considérablement renforcé. Faut-il espérer qu’il saura, cette fois, faire preuve de ce qui lui a le plus manqué : l’audace...
Françoise Grossetête.
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